mardi 21 février 2017

De la formation des parlementaires

Depuis l’élection de l’ANC en Novembre 2011, plusieurs « centres », institutions internationales, associations nationales et internationales et autres groupuscules à « caractère non identifié » se sont investis dans un juteux « marché » de formation des élus. Les choses continuent encore sous l’ère de l’ARP.
Nos élus de l’ANC ou ceux de l’ARP avaient besoin et ont encore besoin de soutien et d’assistance. Leur initiation à l’exercice du « mandat parlementaire » est une tâche très importante et bénéfique.
Plus de 5 ans passés à cette nouvelle « formation » assurée aux élus, l’évaluation de son impact direct sur la « rentabilité » de l’exercice du mandat parlementaire aboutit à un constat alarmant : Nos élus manquent encore de technicité, de communication appropriée au travail parlementaire, de maitrise des outils du contrôle et d’efficacité.
Est-ce la faute de nos élus ? NON.
On leur a tout donné,  sauf « la formation ».
Depuis 5 ans, les cycles de formation traitent des mêmes sujets ; sont assurés par les mêmes « formateurs » ; et pour ne pas dire qu’ils se déroulaient presque dans les mêmes lieux.
Quel cycle de « formation » a fixé un objectif ?
Pire, on organise même des journées pour briser un objectif attendu par les élus.
Je donne 2 exemples.
Le plus récent, une journée organisée autour d’un thème très délicat et hautement important : « l’autonomie administrative et financière du parlement ».
Pour cette journée, non seulement on a fait venir des « gens » qui ne sont nullement expert en la matière, mais pire, ils ont fait des interventions pour dire aux élus que cette autonomie se consacre par l’adoption d’un règlement intérieur et que c’est dans ce règlement qu’on doit consacrer cette autonomie et non dans une Loi !! Hallucinant.
 Plus loin, une « formation » sur la communication. On a tout fait sauf faire savoir aux élus la maîtrise des TIC pour assurer une communication d’un parlementaire.
Du jour au lendemain, certains de nos élus se sont limités à publier des photos sur leurs pages facebook les montrant en cadre d’exercice d’un travail parlementaire. Des photos sans des commentaires développés ou des « écrits provocateurs ». Certes, la « photo » est très importante. Mais plus importants sont leurs mots et leurs messages accompagnant ces photos.
C’est comme on leur a dit que « communication » c’est facebook. Depuis cette formation, j’ai cherché et je n’ai trouvé aucun élu qui a commencé à communiquer via Twitter ou Likedin.
Preuve que cette formation n’a pas formé les élus en communication parlementaire, des élus communiquent aujourd’hui de manière identique à des ministres, à des hommes politiques ou même à des responsables locaux.
Un parlementaire doit communiquer en « parlementaire ».
Mais ce qui est très inquiétant aujourd’hui, c’est l’intérêt des élus à ces « formations » qui devient presque inexistant.

Durant la journée autour de l’autonomie administrative et financière parlementaire, j’ai noté une présence des élus ne dépassant pas les vingtaines !!! 20/217 c’est un déficit. 

mercredi 15 février 2017

Faut-il réviser la Constitution ?

Depuis le début de cette législature, plusieurs voix ont soulevé la nécessité de réviser la question au motif que le système mis par ses dispositions ait conduit à blocage empêchant de « gouverner ».
Réviser une Constitution n’est pas un crime ou un aveu d’échec. Comme tout Etat qui se respecte, l’évaluation de sa législation et sa révision sont des actes de bonne gouvernance et signe de bonne conscience.
Mais certains font une confusion énorme entre système du dispositif constitutionnel dont l’évaluation se limite aux seules dispositions constitutionnelles et système politique dont l’évaluation doit prendre en considération d’autres paramètres.
S’il est certain que nos choix constitutionnels ont opté parfois pour des schémas un peu compliqués ou parfois même incohérents, il ne reste pas moins que d’autres paramètres sont venus compliquer davantage ce dispositif et ces choix.
1er paramètre : ce système électoral empêchant la majorité.
2ème paramètre : ce dispositif légal du cadre partisan (Partis politiques) qui ne favorise pas l’émergence de grands partis politiques homogènes, stables et exerçant dans un cadre de bonnes pratiques politiques morales et financières.
3ème paramètre : Le règlement intérieur de l’ARP qui n’assure pas aux groupes politiques stabilité et techniques de bon exercice parlementaire.
4ème paramètre : Un gouvernement qui accuse une défaillance flagrante dans l’adoption et exécution des techniques de cohésion gouvernementale et d’efficacité d’action.
Et le plus important dans tout ça, c’est de cibler les quelques petites interventions chirurgicales à pratiquer sur tous ces dispositifs afin de rectifier le tir et redresser la pendule.
Mais pour réussir cette tâche, il faut réussir à cerner avec justesse et précision la vraie pathologie, action accusant déjà un déficit frappant.

Alors avant de parler « révision de la Constitution », faut savoir « parler » et « de quoi parler ».