mardi 23 juin 2015

Je quitte l’ARP

Je ne sais pas si c’est un départ sans retour ou juste une parenthèse dans ma vie professionnelle !!

Je ne sais pas si je pars avec un sentiment d’amertume ou un sentiment de soulagement !!

Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, à 16 :20, au moment où je quittais le Palais de Bardo, j’avais un grand sentiment du « devoir accompli ».

Ça fait 24 ans et quelques poussières que je suis dans l’administration parlementaire. Et je n’oublierais jamais ces 5 dernières années.

Depuis toujours j’ai cru qu’un jour on aura un « parlement » et une « vie parlementaire » comme on rêve. Il faut être spécialiste et passionné du droit parlementaire pour savourer ce que les autres détestent : les manœuvres, les procédures, les voltes faces, les objections de procédure, les réunions à huis clos, les tractations, l’incertitude…..et l’attente.

J’ai vécu ça de près et j’ai aimé, admiré, adoré et savourer tout instant vécu.

Hélas ! Le produit : La Loi, n’a pas été toujours au top.

1er Novembre 2014, Mr Mustapha Ben Jaafar, Président de l’ANC (Assemblée Nationale Constituante) m’a gratifié de sa confiance pour occuper le poste du secrétaire général.

Le 4 décembre 2014, Mr Mohamed Ennaceur fut élu Président de l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple) et m’a honoré de sa confiance et de son soutien.

Depuis novembre 2014 j’ai vécu un rythme infernal. La journée commence à 8h et on ne sait plus quand elle finira. On n’a plus de week-end ou presque.

Je n’ai jamais pensé trouver un tel désastre. Je me demandais comment cette ANC a fonctionné ? et comment cette ARP pourra tenir ?

Heureusement que cette administration réponde encore … et sans la grande volonté d’une bonne partie de son team, on aurait vu de toutes les couleurs.

Aujourd’hui, tout le monde est courant des modestes ressources financières et humaines dont dispose l’ARP. Et pourtant, nous avons toujours répondu présent en matière de transparence et information. Les votes sont en ligne en moins de 24h ; sont publiés dans d’excellents délais : les PV, les présences, les rapports des commissions, les projets de lois, les décisions du Bureau…

Nous pouvons mieux faire…et ils le feront mieux.

A un moment donné, quand un responsable n’est plus en mesure de créer, de penser différent, d’innover, de prévoir juste, de pouvoir changer la donne quad il le faut, … il a le devoir de sauver le reste en s’écartant pour laisser passer la lumière.

Et c’est ce que je fais…

mon dernier bureau

Photo: Mon dernier Bureau tenu le 22/6/2015. J’ai bien aimé la bonne ambiance qui a toujours été présente au sein de cette importante structure.

samedi 30 mai 2015

Entre ARP et HAICA : La démocratie, un point commun

Certains se demandent quels rapports entre l’ARP et la HAICA ?
Certains n’arrivent pas à se débarrasser de cette image figée de la HAICA en tant qu’instance modératrice du paysage audiovisuel.
D’autres ne voient en l’ARP qu’une instance qui va élire la future instance constitutionnelle de la communication audiovisuelle.
Des idées figées et immobiles qui ne répondent pas à l’esprit de la Constitution et de l’histoire des institutions.
L’histoire de la Vision « audiovisuelle » n’a commencé ni avec la HAICA ni avec la nouvelle Constitution. C’est en 1996 que le débat a atteint son top. La corrélation entre secteur de diffusion et secteur de production a été mise en relief.
Une conviction s’est dégagée à cette époque que l’audiovisuel tunisien ne peut se développer qu’avec une production de « fiction » assez respectable. Pour avoir un bon « audiovisuel » il faut avoir une bonne production « fiction », tant en en contenu (scénario) qu’en la forme (image). Ceci implique un impératif passage au numérique et un encouragement soutenu des scénaristes.
La distribution des rôles (diffusion et production) devenait, dès lors, impérative et une restructuration de l’ERTT s’imposait, autant que pour l’office de télédiffusion.
Ces œuvres ont été entamées depuis 1997.
Personne ne peut aujourd’hui douter du développement qu’a connu la fiction tunisienne depuis des années.
Personne ne peut ignorer aujourd’hui, les difficultés que rencontre ce secteur de la production audiovisuelle.
Personne, non plus, ne peut ignorer le progrès de notre audiovisuel en direction de la variété des idées et des opinions impliquant un niveau respectable de libre accès à l’information.
Preuve à l’appui, nos chaines TV et Radios sont au top de l’audimat reléguant les chaines étrangères au second plan.
Excellent.
Mais pas suffisant.
La modération ne fait pas la fleur du printemps.
La HAICA doit se projeter dans cet esprit de l’article 127 de la Constitution en dépassant le rôle de modération que lui impose les termes du décret-loi 116 et en se présentant comme d’ore et déjà une instance garantissant le développement du secteur audiovisuel tout en lui assurant un caractère multipartite et Impartial.
L’ARP doit aussi se mettre en locomotive de la démocratie. C’est elle sa vraie clé et sa parfaite manifestation.
Ainsi, l’ARP ne peut méconnaître son devoir de mettre en œuvre les termes du 1er paragraphe de l’article 125 de la Constitution en appuyant les instances constitutionnelles indépendantes dans leur 1er devoir : Promouvoir la démocratie. Et la 1ère institution à devoir en bénéficier, c’est la HAICA.
En fin de compte, une bonne transposition audiovisuelle de la plénière ARP sur notre audiovisuel permettrait , avec quelques addictions, une bonne réflexion des opinions de la société.
La perfection, ce n’est qu’un travail de plus que devrait faire nos mass-médias, et le tour est joué.
Notre indépendance, la vraie indépendance, dépendra de la capacité de notre système audiovisuel de rester indépendant.